février 27, 2011
Laurent Alexandre, le pionnier du web santé

 

Si Doctissimo.fr accueille aujourd’hui près de 8 millions de visiteurs uniques par mois, c’est en partie grâce à la détermination de son fondateur, Laurent Alexandre. Au début des années 1990, ce chirurgien et urologue de formation entrevoit déjà l’importance que peut prendre Internet. “C’était dur, même mes amis m’ont pris pour un fou, personne ne croyait qu’Internet allait se développer”, se souvient-il. Mais il en fallait plus pour démotiver ce coureur de marathon, sur la ligne de départ un peu avant les autres, et prêt à tenir aussi longtemps que nécessaire.

Au cours des années 1990, il crée une demi-douzaine de start-up en rapport avec la santé - des expériences qui lui vaudront l’appellation de “serial entrepreneur” dans les médias. “J’ai toujours eu une vocation d’entrepreneur,” raconte-t-il. Après 11 ans d’études de médecine pour devenir chirurgien et urologue, Laurent Alexandre enchaîne sur Sciences Po et HEC, puis l’ENA. Une ré-orientation qui ne plaît pas à ses “maîtres”  médecins. “Pour eux, un chirurgien ne devait pas s’occuper de problème politiques”, se souvient celui qui a continué d’opérer jusqu’en 2007.

“Un anar’ de droite au Q.I. de 150”

Mais peu importe, il va étudier l’économie et l’administration poussé par une envie: comprendre le fonctionnement de la fonction publique et du système de santé, auxquels le corps médical s’intéresse trop peu selon lui. Sa motivation? Que “les médecins participent au système au lieu d’être les jouets de la technosctructure”.

“C’est un anar’ de droite au Q.I. de 150, commente Claude Malhuret, co-fondateur de Doctissimo. Il se fiche des règles, il est très individualiste et profondément libéral”. Le maire de Vichy a fait la connaissance de son partenaire en affaire et son ami dans les années 1990, au sein d’un think tank libéral créé par Alain Madelin.
 
En 1995, Laurent Alexandre poursuit son projet en lançant Medcost, qui conçoit des services informatiques médicaux. L’agence web compte rapidement des centaines de clients parmi les hôpitaux, les laboratoires pharmaceutiques et les associations de patients. “J’étais persuadé que les malades et les médecins pourraient consulter les dossiers médicaux en ligne et que les patients communiqueraient entre eux,” explique-t-il. C’est en partie l’idée qu’il développe cinq ans plus tard avec Claude Malhuret, ex directeur de Médecins Sans Frontières. Avec de jeunes informaticiens, ils créent un portail d’information santé tourné cette fois-ci vers le grand public.
 
Donner un espace de réconfort aux malades, 24/24h

Doctissimo.fr est lancé en mai 2000. A côté des informations certifiées par des médecins sur tous types de pathologies, Laurent Alexandre voit une demande de discussion entre malades. “Les patients se retrouvaient seuls, pendant des semaines parfois, après l’annonce d’un diagnostique grave, déplore-t-il. Il y avait un vrai besoin de réconfort et Internet était le seul lieu où on pouvait communiquer jour et nuit”. Il conçoit les forums qui feront le succès de Doctissimo, avec  un de ses élèves à Sciences Po, Cédric Tournay, aujourd’hui PDG de Dailymotion.

La création de ces espaces de liberté, où les malades peuvent se remonter le moral et s’informer les uns les autres, est ce qui rend Laurent Alexandre le plus fier: “Sur ces forums, à 3h du matin, les personnes atteintes de cancer se réconfortent à la veille d’une chimiothérapie qui peut échouer, les femmes qui ont un problème de fertilité s’encouragent mutuellement…” Un rôle que les médecins ne peuvent pas assumer: ils n’ont pas le temps.

Doctissimo et Medcost ont survécu à l’éclatement de la bulle Internet, non sans difficultés. “Entre 2000 et 2005, c’était dur pour tous les sites, il y a eu une hécatombe, se rappelle-t-il. Les 5 premières années de Doctissimo ont été très pénibles, tout le monde croyait qu’on allait crever la gueule ouverte.” Le site ne rassemblait que 250.000 visiteurs uniques en 2001, 1,3 millions en 2003, d’où des difficultés à trouver de l’argent. A Doctissimo, on comptait les trombones,” poursuit-il. Des économies nécessaires pour tenir jusqu’à l’explosion des connexions ADSL, autour de 2005. “Créer un site, c’est pas pour les sprinters; nous étions justement long-termistes et zen,” se félicite-t-il.

Cap sur l’ADN

En 2008, Laurent Alexandre décide de passer le relais de la direction de Doctissimo, alors que le site engrange plus de 11 millions d’euros de chiffres d’affaire, pour 6,9 millions de visiteurs uniques mensuels. Il vend l’entreprise au groupe Lagardère, empochant alors au moins 60 millions d’euros (voire une somme bien supérieure si on considère les actions qu’il a vendu au fil de l’eau les années précédentes).

Il part pour se consacrer à une autre passion, vieille de 20 ans. Depuis 2008, il est président et actionnaire majoritaire de DNAVision, une PME belge spécialisée dans la recherche et le développement sur les gènes. Fini le simple partage de l’information médicale sur Internet, la technologie doit maintenant permettre de guérir les maladies génétiques, via le séquençage ADN, d’après lui. “Il peut paraître un peu difficile à suivre parfois, ou se montrer donneur de leçon, concède Claude Malhuret. Mais son ami s’empresse de tempérer: “il défend son projet, comme tous les passionnés”.



Nina Montané

Photo: capture d’écran de cette vidéo YouTube.

février 25, 2011
Yann Le Strat, psychiatre : “Je n’envisage plus mon travail sans Internet”

En fac de médecine, Yann Le Strat devait suivre un cours sur la pratique d’Internet dans le monde médical. A mes yeux, c’était clairement une perte de temps, j’étais convaincu que ça n’allait jamais me servir”, se souvient-il. Aujourd’hui, Yann Le Strat est docteur en psychiatrie à l’hôpital Louis Mourier. Et quand on lui demande de calculer les heures passées sur Internet sur son temps de travail, le trentenaire perd le compte. “Je me connecte au moins dix fois par jour. Je dois y passer au moins trois heures, peut-être ? Ou bien deux ? Ou plus ?”, s’interroge-t-il. “Une chose est sûre : je n’envisage plus mon travail sans Internet”. Quant aux smartphones, il en est “addict. Un comble pour un psychiatre spécialisé en addictologie.

Le Web, une formation continue

Internet, c’est pour moi le moyen de continuer ma formation”, explique-t-il. “Les choses bougent très vite dans le champ de la psychiatrie : il faut se tenir au courant des moindres découvertes pour rester un bon médecin.

Dans les “favoris” de son navigateur : une vingtaine de revues médicales référencées. “Internet est utile pour un médecin s’il sait trouver les informations qu’il cherche. Et pour ça, il faut soit des années de recherche sur le Web, soit une formation, souligne le docteur Le Strat avant d’ajouter qu’en France, “malheureusement, les étudiants n’ont pas du tout été habitués à chercher des informations médicales sur Internet.
 
Des informations qui servent parfois à établir le traitement d’un patient. “Quand je me retrouve devant un patient à la pathologie rare ou qui souffre d’effets secondaires inconnus à cause d’un médicament, c’est systématiquement vers les revues médicales en ligne pour trouver une solution”, raconte Yann Le Strat. “J’y vérifie aussi si mes traitements sont adaptés”. Et les livres dans tout ça ? “Les informations qu’on y trouve sont souvent périmées par rapport à celles qu’on trouve sur Internet”, regrette le psychiatre.

Blog anonyme 

Quand Yann Le Strat trouve un article “intéressant, il n’hésite pas à le partager avec ses collègues. “On discute parfois du rôle d’Internet dans la médecine entre nous”, se souvient-il. “La dernière fois, on a parlé des blogs de médecins : mes collègues étaient contre, moi j’étais pour.Et pour cause : le psychiatre a tenu un blog il y a quelques années, mais sous couvert d’anonymat.  

La liberté, surtout sur Internet, c’est essentiel pour ce jeune psychiatre qui a suivi tous les soubresauts de la polémique Hadopi. A ses yeux, le “Code de Conduite” de la Health On Net, officiellement chargée par la Haute Autorité de la Santé d’encadrer les publications médicales sur Internet, “ne sert à rien, est désuet et ne correspond à l’idée de liberté que promeut Internet”.D’autant plus que dès sa parution, le Code était bafoué”, ajoute-t-il. “Il n’y a qu’à voir les sites sponsorisés par les laboratoires et qui diffusent de l’information médicale : on ne peut pas dire qu’ils respectent le principe d’indépendance !”. Et que pense-t-il de Doctissimo.fr, leader de l’information médicale sur le Web ? “Pas grand chose. Je n’y vais pas beaucoup”, avoue le psychiatre. “Par contre, l’idée de forums d’entraide me plait bien : pour les alcooliques, c’est très utile”. 
 
Dans cinq ans, Yann Le Strat en est convaincu, la place d’Internet sera centrale dans la pratique de la médecine. “Peut-être que les patients et les médecins communiqueront directement par email…

Anaïs LLobet

février 25, 2011
Les perles des forums Doctissimo : du rat fou aux fétichistes des doudounes brillantes

Après une semaine passée à décortiquer Doctissimo et ses forums jusque dans ses coins les plus sombres, impossible de passer à côté des “perles” des doctinautes. Des questions absurdes aux confessions intimes type viedemerde.fr en passant par des dialogues de sourd, on ne s’ennuie pas sur Doctissimo… Pot pourri.

(Attention, âmes sensibles s’abstenir, certaines de ces discussions sont tirées de forum que Doctissimo réserve aux majeurs)

Confessions intimes

1. Les surnoms d’amoureux : des plus classiques à “grosse truite” ou encore “ma couille de loup” …Les intéressés se reconnaitront peut être? 
 
2.  Mon mari m’a révélé qu’il lui arrivait de caresser les cuisses de sa collègue de bureau et de lui taper le cul. Je précise qu’ils sont seuls au bureau tous les jours.” 
Le coquin. 
 
3. Les pires cadeaux que l’on vous a jamais offerts : “Un de mes ex n’a rien trouvé de mieux que de m’offrir un porte clés en forme de zizi, (coucougnettes incluses) et qui clignote… Et c’était sensé me plaire, parce que : ‘comme je suis une fille qui aime bien le Q hein…’ dixit mon ex (abruti va!)”
 
4. “J’ai 19 ans, je vole, je fume et je ments. Bon ben c’est dit.

Questions existentielles

1. Mais au fait… où va le sperme après la sodomie?
 
2.  Comment avoir un rectum propre pour que la nana puisse faire une fellation après sodomie?
 
3. Peut-on attraper le Sida si personne n’a le virus? 
 
4. Quelles sont les causes du déficit en 1780 et ses tentatives de résolution? 
 
5. Si quelqu’un est né un 29 février comment il fait son anniversaire?
 
6. Comment cuisiner des oeufs brouillés?

Fétichistes

Doctissimo regorge de fétichistes de tout genre. Et là, il n’est pas vraiment questions de talons aiguilles ou de bas en nylon, mais…
 
1. De fétichistes du “69 des pieds” (ah bon, ça existe?)
 
2. Des adeptes des doudounes brillantes   
 
3. Un fan club (un vrai) des messages haut-parleur de la SNCF 
 

Astuces

Ici, on trouve des astuces pour…. 
 
1. Se masturber sans les mains ? Coussin, pommeau de douche, chaussettes ou gant rempli de spaghetti devraient vous aider.
 
2. Faire son régime avec des boucles d’oreilles coupe faim

Envie de se faire la malle

 
1. SOS : “Au secours, je veux m’enfuir loin de ma femme, des conseils?” 
 
2. Endetté, son psy lui conseille de fuir à l’étranger

Photo: A white pearl necklace, tanakawho, Wikimedia.

MN et BL

février 25, 2011
Doctissimo: le forum le plus actif du Web français

Sur cette cartographie réalisée par Christophe Druaux pour ouinon.net en 2008, Doctissimo arrive en tête des forums français les plus fréquentés. Le deuxième sur le podium est jeuxvideo.com.

En 2011, Doctissimo est toujours la plateforme la plus fréquentée en France, avec 2 500 000 profils créés, selon le community manager jyv.

En moyenne 150 000 messages sont postés quotidiennement, selon le Directeur Géneral de Doctissimo Christophe Clément. “L’activité communautaire est en croissance permanente grâce aux forums mais aussi aux chats et aux commentaires. D’ailleurs nous allons bientôt instaurer un système de messagerie instantanée”.

Ce sont les jeunes mamans à la recherche d’un prénom ou bien “angoissées pour un kiwi” qui postent le plus sur les forums Doctissimo dans la section grossesse & bébé.


Surprise: les sujets uniquement axés sur la santé ne constituent qu’un dixième des messages postés, même si la section “santé” est le forum par défaut de Doctissimo.

Agnès Bun et Charlène Pelé

 

février 25, 2011
Docti-Quizz : connaissez-vous la communauté Doctissimo?

Crédit photo: Flickr/CC/rosmary

Au cours de cette semaine, vous avez appris la différence entre un Docti-pot et une Docti-partouze, rencontré des Doctinautes qui mènent une double vie sur Doctissimo, mais également découvert la communauté des SEP (Doctinautes atteints de Sclérose en plaques). Testez vos connaissance avec ce quizz

Afficher davantage

février 25, 2011
Pourquoi Google me renvoie toujours sur Doctissimo ?

En 2000, quelques mois après son lancement, Doctissimo ne comptait que 250 000 visiteurs uniques mensuels. Dix ans plus tard, le site accueille 8,4 millions de visiteurs uniques chaque mois, selon Nielsen. Cette réussite, Doctissimo la doit en grande partie aux moteurs de recherche. D’après Laurent Alexandre, co-fondateur de Doctissimo et ex-PDG du site, “en 2008, 50 % de l’audience venait de Google, et 50 % par accès direct (en tapant le nom du site dans la barre de navigation, ndlr)”.

Car Doctissimo apparaît très souvent dans les premiers résultats des moteurs de recherche : en cherchant, par exemple, le mot “mal au ventre” sur Google, le site arrive en première et deuxième position.

Pour avoir une bonne audience, il est essentiel d’apparaître en premier dans les résultats des moteurs de recherche, et surtout sur Google, qui détient 85,78 % des parts de marché dans les recherches web mondiales. Doctissimo l’a bien compris et semble être le champion du référencement en matière de santé. 

1. Des contenus “pertinents” et grand public  
 
Pour être bien référencé sur Google, il y a plusieurs règles à respecter. Règle numéro un : la pertinence. Par pertinence, on entend d’abord la qualité du contenu d’un site. C’est pourquoi Doctissimo a embauché plusieurs journalistes et de médecins pour rédiger des dossiers, des articles et même des reportages TV sur des sujets de santé. L’objectif : aborder des sujets médicaux parfois un peu pointus, mais accessibles à un large public. 

Alexandre Boucherot, ancien directeur général adjoint chez Doctissimo, explique que le site possède une véritable rédaction, proche d’un site d’information grand public, avec un rédacteur en chef, des rédacteurs salariés permanents (entre 4 et 5 en 2009), et un grand nombre de pigistes et de spécialistes qui interviennent régulièrement. Tous les matins, des conférences de rédaction sont organisées. “Sur les sujets purement médicaux, un médecin vérifie également les informations - c’est le bras droit du rédacteur en chef, il est aussi présent dans la rédaction que les journalistes” précise Alexandre Boucherot.
 
Ce contenu qualitatif va donner une prime au référencmeent : Google va privilégier Doctissmo dans ses résultats lors de recherches sur des sujets de santé ordinaires. C’est une des raisons pour laquelle, lorsqu’on tape “diabète” dans la barre de recherche Google, Doctissimo arrive en premier dans la liste des résultats.

 

Il en est de même sur de nombreux sujets sur la santé. Le site arrive en premier et deuxième des résultats de la recherche “problème d’érection”, premier de la recherche “régime”, et quatrième des résultats de la recherche “presbytie”, etc.

En outre, les sujets de santé propre aux femmes sont particulièrement bien référencés sur Google : Doctissimo apparaît en premier des résultats de la recherche “règles”, “gynécologie”, et “cystite”. 

 
2. Une abondance de contenus, souvent mis à jour 

Règle numéro 2 : avoir une grande quantité de contenus sur le même thème. Une règle respectée par Doctissimo, selon Frédérique Lancien, responsable du développement international du site : “Google remonte les résultats en fonction du nombre de fois où un sujet sera évoqué sur un même site. Nous avons justement un très large éventail de contenus, et beaucoup de contenus sur un même sujet.” 

Avoir une grande richesse de contenu, certes, mais souvent réactualisés : Google va privilégier les contenus les plus récents des sites. Frédérique Lancien se félicite d’avoir des “contenus réactualisés très régulièrement, ce qui permet d’apparaître toujours en tête de Google”.

Cette richesse de contenu repose sur l’existence d’une communauté massive et fidèle sur Doctissimo. Le site reçoit en moyenne 200 000 messages par jour, d’après des chiffres de février 2009 publiés par le blog ouinon.net. Selon Hervé Zobenbiehler, spécialiste du référencement sur Internet, la communauté présente sur les forums est “l’un des facteurs clés de réussite” de Doctissimo, car tout comme les tchats, ils exercent unrôle de fidélisation”En étant assuré d’une réponse rapide, l’internaute sait qu’il peut compter sur les autres utilisateurs, et aura tendance à revenir régulièrement. 

3. Des forums avec des réponses à des questions très précises

Ce qui fait la renommée de Doctissimo -pour le meilleur et pour le pire- ce sont justement ses forums. Les internautes (ou “Doctinautes”) y disposent d’une liberté quasi-totale de parole et ouvrent des discussions sur tout les sujets possibles, de la sclérose en plaques au tricot en passant par les jeux de rôle… Ce qui permet de trouver des réponses à toutes sortes de questions. Résultat, sur le site, on trouve de nombreux contenus ultra-pointus qui intéressent peu de gens - mais les rares personnes qui les cherchent atterriront forcément sur Doctissimo (en informatique, c’est le principe de la longue traîne). Or, Google, privilégie aussi un contenu rare et très précis, permettant de répondre exactement à la requête d’un internaute. 

Par exemple, en tapant “recherche appareil ionophorèse transpiration” sur Google, un internaute tombera directement sur Doctissimo sur la page de résultats. Il pourra trouver sur le forum du site un tuyau pour acheter d’occasion cette machine qui traite la transpiration excessive, ou se faire conseiller par d’autres personnes touchées par ce problème.

De façon plus anecdotique, les internautes peuvent y aborder des sujets un peu honteux ou bizarres, dont ils auraient du mal à parler avec leur entourage, comme par exemple le fait de manger ses crottes de nez - là aussi, Doctissimo apparaît en premier :

Dès le lancement, en 2000, quelques forums existent déjà, mais c’est surtout à partir de 2003 que Cédric Tournay, le directeur général, et Laurent Alexandre,PDG, instaurent de très nombreux forums”, raconte le médecin et ancien député UMP Claude Malhuret, co-fondateur du site. Il en existe 16 principaux aujourd’hui (Santé, Loisirs, People, etc.), qui sont divisés en d’innombrables discussions. L’idée : permettre aux personnes atteintes de maladies de communiquer entre elles, à toute heure, même quand les services médicaux sont fermés. Laurent Alexandre, chirurgien co-fondateur du site, explique : J’ai pensé qu’il y avait un vrai besoin de réconfort du côté des malades : Internet était le seul endroit où on pouvait en trouver jour et nuit”.

4. Beaucoup de sites renvoient vers Doctissimo

Doctissimo est souvent cité par d’autres sites. Ces derniers n’hésitent pas à suggérer à leurs lecteurs des liens en provenance de Doctissimo. C’est une autre règle que suit justement Google pour faire remonter un site dans ses résultats de recherche. Plus de liens “pointent” vers Doctissimo, plus ce dernier apparaîtra dans les premiers résultats du moteur de recherche. Hervé Zobenbiehler, directeur de projet chez Activis.net, société spécialiste du référencement sur Internet, explique que Doctissimo l’a très bien compris : “le site dispose d’un contenu ‘pertinent’ recevant un nombre très importants de liens externes dits backlinks permettant au site de bénéficier d’une popularité très forte dans les moteurs de recherche”. Selon l’outil Majestic Seo, 26.627.771 liens pointeraient vers Doctissimo.


5. Un site avec une forte ancienneté

Doctissimo fête ses 11 ans en 2011, un âge plus que respectable pour un site Internet. Mais au niveau du référencement, être un site senior ne vous exclut pas de la course, bien au contraire. D’après Frédérique Lancien, “Google va privilégier les sites qui sont présents sur le marché depuis longtemps”. Doctissimo profite donc de son avantage par rapport à des portails de santé plus récents.

6. Miser sur l’international 

Comment augmenter encore cette audience ? Pour l’instant, la majorité des “doctinautes” sont des femmes, et plus exactement, de jeunes mamans. Selon Hervé Zobenbiehler l’enjeu, pour Doctissimo, serait donc d’arriver à attirer les internautes masculins, et peut-être plus âgés : “Le public de Doctissimo est déjà très largement orienté vers une cible féminine à 57 %  et touche largement les 25-44ans. Les leviers existent mais plus sur les classes d’âge supérieures à 45 ans.”  

Mais pour Doctissimo, l’avenir se joue surtout sur le développement à l’international. Le groupe a donc ouvert Doctissimo.es, Doctissimo.it et Doctissimo.com… De quoi donner à la marque un rayonnement plus grand. Et booster, encore un peu plus, le référencement du site.

Bénédicte Lutaud et Nina Montané

février 25, 2011
Sur le Net, “le médecin n’est plus un expert tout puissant”


 
Comment les médecins réagissent-ils à l’essor du numérique? Antonio A. Casilli, sociologue à l’EHESS spécialisé dans les questions de santé et auteur de Les liaisons numériques : Vers une nouvelle sociabilité ? (Seuil), analyse l’évolution de la relation entre médecins et patients à l’heure du numérique. Sur cette même thématique, Antonio Casilli a publié l’article “Le Stéthoscope et la Souris : Savoirs médicaux et imaginaires numériques du corps”. 

Quand le numérique a-t-il fait son entrée dans le monde médical?

A la fin des années 80, un double phénomène se met en marche: l’essor de la micro-informatique de masse, et le développement de l’informatique communiquante, avec la création de réseaux de patients. Le maître mot de l’époque, c’est la désintermédiation : les experts commencent à avoir peur de se voir dépossédés de leur savoir médical et donc de leur rôle de médiateurs entre le patient et son propre corps.

Je pense par exemple à une expérience de réseau qui a eu lieu pendant cette période dans un hôpital de Cleveland afin de faire circuler de l’information médicale entre les patients en se passant des assurances et des institutions.

Quelle a-été la réaction des médecins face à cette désintermédiation?

Initialement, ils résistent : il sont par exemple réticents à l’introduction de l’informatique dans les cabinets et dans les hôpitaux. Le cas de Medilink au Canada illustre parfaitement cette situation. Il s’agit d’un réseau télématique pour médecins lancé en 1989. C’était un échec total : à tel point qu’un journaliste canadien a traité les médecins d’“analphabètes informatiques”.

Cette résistance se manifeste aussi en Europe. En France, les médecins ont refusé l’informatisation car elle était liée au fichage des patients. Au Royaume-Uni, les docteurs se méfiaient des laboratoires qui leur envoyaient des ordinateurs en cadeau. L’industrie pharmaceutique est intéressée à tracer la consommation médicamenteuse pour faire du ciblage de sa clientèle. Mais il ne faut pas voir le mal partout : on peut se servir de ces mêmes technologies pour des politiques publiques, pour limiter les épidémies, ou anticiper une crise sanitaire qui s’annonce. Les médecins étaient bien plus réticents à l’informatique dans les années 1980 et 1990 qu’aujourd’hui.

Les médecins sont-ils sortis de cette attitude prudente ?

A partir de la moitié des années 1990, autour de l’épidémie du sida, mais aussi après des programmes importants de sensibilisation du corps médical comme le “visible human project”, s’opère un changement. Il y a non seulement une mise en réseau des patients, mais aussi un changement d’attitude des médecins eux-mêmes. Face à des patients qui acquièrent davantage de pouvoirs et d’autonomie vis à vis leur maladie, les médecins s’approprient les technologies communiquantes.

Ce qui est important c’est que l’on part d’une situation de pouvoir des professionnels de la santé, de prestige du savoir médical, et que tout ça est remis en question. La situation actuelle est très bien illustrée par le chercheur Gunther Eysenbach, qui avance l’idée de la “médecine 2.0”. Le terme peut sembler banal, mais il explique le nouveau statut du médecin. Le docteur n’est plus un expert tout puissant, mais il est tout simplement une source d’information parmi d’autres.

Le rôle du médecin a donc évolué ?

Le point d’entrée du patient, c’est Google ou Wikipedia, et l’internaute peut ensuite se retrouver sur un site institutionnel, un site communautaire comme Doctissimo, ou sur des sites de médecins…Le rôle du practicien est alors d’accompagner le patient à travers cette masse d’informations, en faisant une intermédiation souple. Aux Etats-Unis, la logique va plus loin encore : avec des sites comme healthgrades.com ou ratemds.com, les médecins font face à la question du suivi de la qualité de leur prestations. Avant Internet, l’indicateur de la qualité du médecin était le taux de guérison. A partir des années 1980 la situation a progressivement changé : il fallait que le médecin ait des “bedside manners” (littéralement “à côté du lit”), des qualités relationnelles. Et les médias sociaux actuels sont justement des technologies relationnelles. Aujourd’hui, le médecin doit aussi être à l’écoute de la voix d’Internet.

Propos recueillis par M. Nasi et T. Henneton

Photo: rmy Lt. Col. (Dr.) Martin Baechler, an orthopedic surgeon from Walter Reed Army Medical Center, examines a patient’s X-ray at Hospital Escuela in Tegucigalpa, Honduras, during MEDRETE (U.S. Army)Tech. Sgt. Cohrs, U.S. Army, Wikimedia.

février 25, 2011
“Ils arrivent en ayant lu dix lignes sur Internet et pensent en savoir plus que les médecins”

Acharnement

Crédit photo: Flickr/CC/alpha du centaure

Véronique Tessier est responsable Administrative du centre médico-social Le Figuier à Paris. Ce centre propose de répondre aux questions sur le Sida, les hépatites, les infections sexuellement transmissibles (IST) ainsi que des dépistages anonymes et gratuits.
 
Est-ce-qu’Internet a changé le comportement de vos patients?
 
Oui, ils viennent avec une demande plus ciblée, pas forcément adaptée et parfois disproportionnée. Par exemple, un jeune homme est venu demander un dépistage pour l’antigène P24 (ndlr: un marqueur spécifique du virus du Sida). Il pensait avoir pris un gros risque alors qu’il avait juste embrassé quelqu’un. Il avait lu l’information sur Internet mais n’avais pas la base pour la mettre en perspective avec son propre cas.

Un autre est venu se faire dépister pour l’hépatite B alors qu’il n’était pas tatoué et ne s’était jamais piqué. De plus en plus de personnes viennent et réclament “la totale”, c’est à dire un dépistage complet, parce qu’ils ont lu sur Internet que c’était gratuit, mais chaque dépistage inutile nous coûte de l’argent.

Y-a-t-il des conséquences négatives?

Internet accroît la paranoïa des gens et fournit surtout des armes aux hypocondriaques. Certains sites peuvent donner une illusion de connaissance aux patients, qu’ils n’ont pas. Ils se font médecins à la place du médecin. Parfois, les gens arrivent en ayant lu 10 lignes sur Internet et pensent en savoir plus que des médecins qui ont 8 ans d’études derrière eux! Dans ce cas, qu’ils aillent sur Internet faire leur propre dépistage… d’ailleurs peut-être qu’un jour, des kits de dépistages y seront vendu. Mais pour le moment, ils continuent à consulter le médecin… pour valider ce qu’ils on lu.

Ces sites apportent-ils tout de même quelque chose de positif?

Je n’ai pas d’à priori contre Doctissimo, qui a quand même une approche médicale par rapport à d’autres sites. C’est une bonne base, certaines choses sont bien faites, même si d’autres sont un peu “rock ‘n’ roll”. Il m’arrive même en tant qu’infirmière d’y vérifier des informations. Il faut juste séparer le bon grain de l’ivraie.

Agnès Bun et Charlène Pelé

février 25, 2011
Doctissimo et l’anorexie : quand les internautes cherchent à “customiser la santé”

“Sites pro-ana : les dangers de l’anorexie sur Internet”. C’est le titre d’une des fiches du dossier anorexie de Doctissimo. On y explique le fonctionnement des pro-ana et des pro-mia, ces mouvements qui prônent l’anorexie et la boulimie, et véhiculent comme idéal la minceur extrême.

 
“Suite au battage médiatique sur les dangers de ces sites, la plupart ont été fermés par les hébergeurs, et difficile aujourd’hui de trouver un site en Français qui va faire l’apologie de la minceur, explique la fiche. Difficile de trouver un site francophone prônant l’anorexie, peut-être…mais sur les forums, les discussions sur le thème fourmillent. A commencer par le forum Nutrition de Doctissimo.

Un phénomène critiqué sur Doctissimo

Bien sûr, ces forums sont souvent là pour dénoncer le phénomène. Comme cette discussion au titre éloquent : “Campagne Lutte Anti Pro Ana”. “Bonjour, je suis en ce moment plus que choquée du développement des blogs pro ana sur le net, chose qui me met systématiquement hors de moi”, écrit l’internaute Drougettelyon. “Je souhaite recueillir vos témoignages à ce sujet, et savoir si certaines et même certains seraint intéressés pour se lancer dans ce genre de lutte!!! Répondez nombreux svp!!! la situation est grave, et le mouvement progresse… courage à tous ceux qui essaient de s’en sortir, je crois en eux… “.

Quand une internaute tente dit vouloir se lancer dans l’anorexie, elle se fait vite remettre à sa place. Sur le forum, miamia85 demande “les filles , j’aurais voulu savoir si il y a des pro-ana ici ou mia vomitive et enceinte ? et votre imc de départ”, les autres internautes font part de leur inquiétude. “Pas bien!!!!!tu peux pas faire ça!!!!  Un bébé a besoin de bien se développer et c’est pas en etant anoréxique que tu mettras au monde un beau bébé!!! (…) Arrêtes vite ça et fais toi soigner!!! c’est urgent!!!si tu veux en parler n’hésites pas mais arrête desuite tu vas faire des dégats irréverssible à ton bébé et a toi!!”, lit-on dans les réponses.

Des attaques de mauvaise foi ?

En creusant un peu on réalise que la situation n’est pas aussi simple qu’elle n’y paraît. Derrière une discussion hostile aux pro-ana se cachent souvent des filles anorexiques en quête de soutien.

Un paradoxe parfaitement résumé par Pitite Carabine, au cours d’une discussion sur les dangers de la pro anorexie: Là où je suis totalement contre c’est quan on s’insurge contre les sites pro anas ou les magazines d’informations comme Closer, et qu’à vouloir informer on lache des infos sur certaines techniques notamment sur le post d’ouverture de cette discut… ce qui est quand meme à éviter, surtout sur un forum comme celui ci ici je pense”.

Dans le post que cette internaute critique, une doctinaute s’étonne des pratiques des pro anorexiques, et ce faisant, délivre quelques unes de leurs astuces, comme boire de l’eau chaude pour avoir moins faim ou boire beaucoup d’eau avant une pesée pour peser plus lourd”.



Nombreuses sont les discussions dont le caractère “anti-ana” est quelque fois ambigu. Ici, alors qu’un débat anti-ana s’installe, une doctinaute publie une charte prônant l’anorexie, qu’elle taxe d’horrible.

Les pro-ana en quête de soutien

Mauvaise foi ou maladresse? Ce qui est sûr, c’est que les pro-ana ont l’habitude de fréquenter ce genre de discussions, alors même qu’on y critique le style de vie qu’elles prônent: elles savent pouvoir y trouver d’autres filles dans leur cas.

“Je viens sur ce forum pas tellement pour m’en sortir mais plus pour être avec des gens qui vivent la même chose”, déclare la doctinaute Senjo. Une affirmation éloquente, tout comme ses réponses: “Je te comprends parfaitement. Moi c’est pareil je ne sais pas trop ou me situé dans tout ça. Je ne me considère pas comme malade, et je n’ais pas envie de “m’en sortir”. Et comme toi je viens ici pour rencontrer des gens qui vivent la même chose …”, écrit Ba-da-Boum. Pour ensuite aller discuter, entre elles, ailleurs loin du regard moralisateur de la communauté.

 La customisation de la santé

Des dérives dangereuses dans un site dédié à la santé et au bien-être?

“Sur Doctissimo les internautes cherchent à customiser la santé”, explique Antonio Casili, chercheur en sociologie qui s’est intéressé à Doctissimo dans le cadre d’une étude sur les pro-ana.

Il se souvient du cas d’une femme qui souhaitait arrêter temporairement son anorexie. C’est une drôle de situation: jamais elle ne pourrait aller voir un médecin pour lui dire qu’elle veut arrêter un temps l’anorexie, pour ensuite reprendre après. Sur des sites pro- ana, on trouve un type d’entraide, de soutien, une autre norme morale. Avec Internet, les préjugés moraux des patients se déplacent”.

M. Nasi

février 24, 2011
Dans un centre de soin : “Les patients se sentent moins dépendants de la médecine”

Il est à peine 9 heures et la routine de la PMI (service départemental de protection maternelle et infantile) se met en marche. Première arrivée : Sarah, une petite fille de 18 mois. Juste une formalité, et l’occasion de mettre à jour les vaccins. Alors que l’e-santé connaît un développement considérable, on fait toujours confiance au médecin, commence ainsi le père de Sarah.

D’origine algérienne, Ahmed reconnaît quand même qu’internetforce à être autonomes : c’est vrai que quand on entend certaines choses à la télévision, on veut en savoir plus.

Certaines choses, entendez l’affaire du Mediator, un scandale qui a jeté des doutes sur les pratiques des laboratoires pharmaceutiques. “On craint que d’autres médicaments qui s’apparentent à la famille du Mediator puissent être dangereux. Alors on creuse un petit peu sur les sites. Mais bon ce qu’on y trouve est parfois ambigu, quant aux notices des médicaments…avec les grands laboratoires, on ne sait jamais”.

“Les médecins détiennent l’expérience”

Si la richesse d’Internet permet aux patients d’acquérir une certaine autonomie, le médecin reste quand même la source de confiance par excellence. Ce sont eux qui détiennent l’expérience. Cela dit, la dernière fois que ma fille a été hospitalisée, le temps d’attente aux urgences était long. Je voulais pouvoir aider Sarah, mais aucun médecin n’était disponible. Du coup j’ai regardé sur Internet se souvient-il, avant que la puéricultrice emmène sa fille pour la pesée. Internet : un palliatif aux salles d’attente bondées et autres “déserts médicaux” ? Pas seulement.

C’est autour de la maman de Maël de faire son entrée dans le centre, et avec elle, un autre usage des sites de santé.Plus qu’un palliatif, la toile est, pour cette maman guadeloupéenne qui confesse ne pas être “très médecin, l’occasion de redécouvrir des soins alternatifs. Je préfère la médecine à l’ancienne, confie-t-elle. Je vais donc sur Internet pour me renseigner sur les plantes médicales, les thés et les tisanes qui permettent de soigner la grippe par exemple.

D’ailleurs, Maël pourra continuer à jouer tranquillement sous les yeux du Petit Prince qui l’observe depuis sa fresque murale, bienveillant. Malgré son nez bouché, sa maman n’entrera pas dans le cabinet du médecin. Elle est d’abord venue accompagner une copine et sa petite fille Shana. 

Listen!

De toute façon je n’applique pas forcément les recommandations des médecins,reprend la maman du petit Maël. Je ne donne ce qu’ils prescrivent que s’il ne va vraiment pas bien, sinon je préfère les autres remèdes.

“Ca modifie la façon dont nous nous adressons à la personne en face de nous”

Une prise d’indépendance qui doit inquiéter les thérapeutes ? “Il ne s’agit pas d’avoir une vision manichéenne du développement de l’e-santé”, explique la pédiatre de cette PMI francilienne, . Elle préfère le concevoir comme un “nouveau paramètre à prendre en compte. Paramètre qui a évidemment un impact dans sa relation au patient. Elle évoque la fois où un jeune père lui a appris qu’un des vaccins qu’elle pratiquait faisait partie de la liste des 77 médicaments sous surveillance. Il l’avait lu sur un site Internet. Ça n’a pas changé la donne dans ma façon de faire, ça modifie la façon dont nous nous adressons à la personne en face de nous: il y a un ordinateur qui entre en compte.”

“Après bien sûr, il y a des informations qui sont fausses…”, regrette la pédiatre. Mais même dans ce cas, Béatrice B. n’aime pas jouer la carte de la pédagogie. “Je n’ai pas la prétention de dire que je détiens la vérité, la médecine est une science très inexacteEn ce sens, Internet aurait même permis aux patients de reconquérir une part d’autonomie face aux “abus de pouvoir de la médecine”. “Les patients se sentent moins dépendant de la médecine. Internet est un contre pouvoir utile à celui des grands mandarinsLa fin des privilèges pour les médecins ? Loin de là : “si on a choisi ce métier là, c’est parce qu’on aime le contact avec les personnes. Est ce que Internet peut remplacer ça ?”

Listen!

Mes coups de cœur Tumblr: Plus de coups de cœur... »